ECOLE DE TRANSITION !
Les écoles privées sous contrat
Les résultats et les coûts des écoles privées sous contrat ne sont pas significativement différents. Une étude publiée en mai 2004 indique que les résultats au baccalauréat des élèves des établissements privés sous contrat sont légèrement meilleurs que ceux du public, mais s'expliquent essentiellement par des facteurs sociologiques.
Depuis les accords Lang-Cloupet de 1991, un étroit carcan de règles administratives limite les ouvertures de classes, leur liberté pédagogique et le pouvoir du chef d'établissement, qui ne peut plus licencier les professeurs. De plus, les directions diocésaines constituent parfois une administration bis dont les contraintes ne sont pas moins lourdes que celles de l'Education nationale.
Seule une minorité d'écoles, qui bénéficie de directeurs dynamiques, d'enseignants unis par un projet d'établissement original et de parents engagés jouissent réellement d'une liberté dans les faits qui leur permet d'avancer et de rayonner.
Perte de confiance des familles
Les familles françaises ont en moyenne 1,9 enfants. Mais l'investissement qu'elles font dans l'éducation est de plus en plus élevé. La crainte de l'avenir, la volonté que leur enfant soit le mieux diplômé possible conduit de nombreuses familles à avoir recours à des cours supplémentaires en dehors de l'Education nationale : cours du soir ou stage durant les vacances. Les enquêtes d'opinion indiquent une forte perte de confiance dans la qualité de l'enseignement dispensé par l'Education nationale. Les familles sont de plus en plus disposées à essayer « autre chose » quand elles se rendent compte que leur enfant ne reçoit pas un enseignement solide à l'école.
Les années 2002-2003 ont été marquées par l'explosion des cours de soutien et l'introduction en Bourse de plusieurs acteurs majeurs de l'aide scolaire : Acadomia, Après l'école, Paraschool, Cours Legendre. Près de 100 000 enseignants de l'Education nationale donnent des cours supplémentaires, à toutes les catégories d'élèves.
Le chiffre d'affaires officiel du marché du soutien scolaire est de 2 milliards d'euros par an. Mais cela ne tient pas compte des cours particuliers non déclarés, dispensés par des étudiants ou des enseignants, et qui représentent un marché au moins aussi important que les cours officiels. Ce marché augmente à une vitesse de 20% par an.
La révolution des écoles indépendantes
Pourtant, le développement des cours de soutien n'est qu'un pis-aller à la faillite de l'Education nationale. Ces cours ne font qu'ajouter une contrainte supplémentaire à des enfants qui ont déjà des emplois du temps très chargés. En comptant les devoirs à la maison, la plupart des lycéens dépassent largement les 35 heures de travail par semaine de leurs parents. De plus, beaucoup de familles ne peuvent pas se permettre de payer ces cours, qui coûtent 20 à 30 euros par heure.
Mais une révolution silencieuse est en marche : partout en France, des parents se regroupent pour créer leur propre école, de manière totalement indépendante. Il en existe déjà plus de cent, et leur nombre augmente à chaque rentrée scolaire.
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